23/06/2022

La psychiatrie appelle à la grève mardi 28 juin

Les quatre organisations professionnelles de la psychiatrie publique – l’Intersyndicale de défense de la psychiatrie publique (Idepp), le Syndicat des psychiatres d’exercice public (Spep), le Syndicat des psychiatres des hôpitaux (SPH) et l’Union syndicale de la psychiatrie (USP) – ont cosigné un appel à la grève mardi 28 juin prochain. Dans le préavis remis par l’USP à la ministre de la Santé, Brigitte Bourguignon, les signataires évoquent un « effondrement proche » et dénoncent des politiques néolibérales qui gangrènent l’hôpital public. « Ce préavis concerne tous les personnels médicaux, quel que soit leur mode d’exercice en psychiatrie ou dans le médico-social », est-il précisé.

La crise sanitaire a eu des conséquences lourdes pour le secteur, souvent considéré comme le parent pauvre d’un hôpital public. Dans leur communiqué commun, les quatre organisations rappellent l’impact des vagues successives de Covid et celui de la guerre en Ukraine. Ils y décrivent « des vagues d’adolescents arrivant à nos urgences pour geste suicidaire, angoisse majeure, dépression, décompensation, etc. ». Or, la psychiatrie souffre d’un « déficit de personnel soignant ». Selon leurs estimations, 30 % des postes de médecin sont vacants, alors que bon nombre fuient vers le libéral.

Dans son préavis, l’USP écrit souhaiter « en revenir au service public (et non à l’hôpital entreprise où nous ne sommes que des prestataires de services) et que s’arrête de toute urgence la privatisation de la santé », ainsi que « l’arrêt des politiques d’appels à projet qui mettent en concurrence les secteurs, les pôles, les établissements » et une meilleure gouvernance « avec un véritable pouvoir de décision accordé aux médecins, aux personnels non médicaux et aux usagers ».

Autres revendications : une revalorisation générale des salaires, des moyens financiers pour les établissements, l’arrêt des fermetures d’établissement, des services et des lits, la suppression de tous les restes à charge, le 100 % Sécurité sociale, etc.

Les signataires en profitent pour rappeler l’état global du public : « Le système de santé étant à genoux, les personnels, quel que soit leur statut, fuient les hôpitaux, leur manque de moyens et leur management brutal. Notre inquiétude est grande car c’est l’effondrement généralisé qui est proche ! »

Thomas Laborde