Depuis la mi-avril, une grande partie des SAU parisiens sont en grève pour demander la sécurisation de leurs locaux et la reconnaissance de la particularité de leur exercice. Un mouvement atypique né sur le terrain, à l’initiative d’une poignée de paramédicaux.
De grandes grèves infirmières, il y en a tous les vingt ou trente ans. On ne peut pas se faire entendre aujourd’hui en utilisant les techniques d’il y a vingt ans ! » martèle Antoine Repussard, infirmier à l’hôpital Tenon (AP-HP) et membre du collectif Interurgences, à l’initiative du mouvement social qui mobilise, depuis la mi-avril, dix-huit des vingt-cinq services d’accueil et de traitement des urgences (SAU) de la capitale. En effet, celui-ci ne ressemble à aucune des grèves qui ont agité l’hôpital ces dernières décennies : pour la première fois, il est réellement né du “terrain” et reste animé, les semaines passant, par un groupe de paramédicaux surmotivés.
Tout commence en janvier, quand trois agressions très violentes contre des soignants se produisent aux urgences de Saint-Antoine. « Nous en avons discuté entre nous et tout le monde est tombé d’accord pour réclamer une meilleure sécurisation des locaux, une hausse des effectifs et, surtout, la reconnaissance de la spécificité du travail aux urgences, par le biais d’une prime mensuelle de 300 € », se souvient Candice Lafarge, aide-soignante dans le service. Mais les soignants de Saint-Antoine savent que leurs problèmes sont aussi ceux que vivent tous leurs confrères qui travaillent dans des services d’urgences. Aussi, très vite, ils prennent contact avec les paramédicaux de Lariboisière, affectés fin 2018 par le décès d’une patiente sur un brancard, faute de prise en charge. Puis ceux de la Pitié-Salpêtrière, de Tenon et de Saint-Louis. Pour donner de l’ampleur à leur mouvement,...