VOGUER SUR UNE PSYCHIATRIE HUMANISTE
DOSSIER
REPORTAGE
Sur un bateau-centre de jour amarré à un quai de la Seine, patients et soignants évoluent ensemble, au quotidien. Ces relations horizontales qui se tissent, reposent sur les principes de la psychothérapie institutionnelle. Visite.
Ici, il est difficile de distinguer les patients des soignants. Pas de blouses, pas de badges, pas de bureaux fermés, sinon deux petits à l’écart, guère utilisés. L’établissement, lui-même, est déjà peu identifiable comme un hôpital psychiatrique. C’est une élégante grande barge de bois et de verre, de près de 650 m2 répartis sur deux niveaux, qui flotte sur la Seine, amarrée au niveau de la gare de Lyon, à Paris. Adamant est un centre de jour, un centre d’accueil thérapeutique à temps partiel, ouvert du lundi au vendredi, de 9 h 15 à 17 heures. Dépendant des hôpitaux de Saint-Maurice (Val-de-Marne), il appartient au pôle Paris-Centre qui s’occupe des 1er, 2e, 3e et 4e arrondissements de la capitale.
Quelque 240 patients atteints de troubles psychiques composent la file active du centre. Première particularité : c’est par la cafétéria que les visiteurs embarquent. Chaque matin, quelques-uns de la vingtaine de professionnels, qui travaillent sur Adamant (dix infirmiers, trois ergothérapeutes, deux agents de service hospitalier (ASH), deux psychologues, un médecin présent à 40 %, une secrétaire…) y prennent le café avec les patients. Tous se réunissent le mardi matin, lors de la...